dimanche, juillet 20, 2008

Fêter le 14 juillet aux États-Unis

Chez mon caviste, la fête nationale française est traditionnellement plus importante que celle des États-Unis. Probablement parce qu'il serait un sacrilège impardonable de fêter l'indépendence américaine en organisant une dégustation de vin français - même si les française ont joué un tres grand rôle dans cette histoire de libération.

Son enthousiasme pour le 14 juillet était particulièrement prononcé cette année car il a décidé de n'ouvrir que des magnums. Un vin en magnum, je n'ai jamais goûté et je voulais savoir s'il pouvait donner les mêmes sensations que les vins en bouteilles de 750 ml. Pourquoi avoir l'impression qu'un vin dans une grosse bouteille seraient si différente ? Ou mauvais ? Ce n'est pas une pensée logique surtout pour quelqu'un qui n'en a jamais essayé.

Il a fallu demander au caviste qui m'a dit que les vins en magnum vieillissent plus lentement, donc souvent mieux que ceux en format 750 ml.

Si c'est le cas, pourquoi pas n'utiliser que les magnums ? (Je n'étais pas prête à accepter son explication).

Pour faire un vrai comparison il vaudrait mieux de goûter le même vin en ces deux formats. Ce n'était pas l'objectif de la dégustation donc si quelqu'un a un avis sur le sujet, j'aimerais l'entendre.

La liste du 14 juillet 2008:

1. Gaston Chiquet 1998 Blanc de Blancs Brut
2. 2000 Domaine Bitouzet-Prieur Les Perrières Meursault 1er Cru
3. 2005 Domaine Arlaud Milandes Morey-St. Denis 1er Cru
4. 1999 Domaine Marius Delarche Le Corton Grand Cru
5. 2002 Domaine Gros Frère et Soeur Grands-Echezeaux
6. 2004 Domaine de la Mordorée La Reine des Bois (rouge) Lirac
7. 2004 Domaine de Monpertuis Cuvée Tradition (rouge) Châteauneuf-du-Pape
8. 1999 Domaine Levet La Chavaroche Côte Rôtie
9. 2003 Château Duhart-Milon 4eme Grand Cru Classé Pauillac
10. 2005 Château Léoville Poyferré 2eme Grand Cru Classé Saint Julien
11. 1998 Château Haut Brion 1er Grand Cru Classé Pessac-Leognan
12. 1988 Château Raymond-Lafon (Sauternes)

Pas mal comme initiation aux magnums. Le seule problème (et c'est bien d'avoir ce genre de problème), c'est qu'on a du mal à finir douze magnums si on n'est pas très nombreux à la dégustation. Il n'y avait qu'une solution...continuer la soirée au resto :)

dimanche, mai 25, 2008

Boire du vin ou manger des cerises ?

Le week-end dernier, en retard pour un barbecue et n'ayant pas le temps d'aller chez le caviste acheter du vin, j'ai fait un petit stop au marché qui était sur le route. Il faisait chaud donc les rosés me tentaient le plus et j'ai trouvé trois bouteilles (une de chinon, une de bordeaux et une de provence).

Puisque des amis étaient venus de France pour quelques jours et qu'ils allaient manger avec nous, je voulais leur faire goûter un produit local en saison. Un éclat de couleurs rouge et jaune m'a attiré en entrant le marché. Les cerises Rainier provenant de l'état de Washington. À chair blanche, ces cerises sont sucrées et délicates et elles coûtent plus chères que les autres variétés. Mais quand on aime, on ne compte pas, n'est-ce pas ?

Sauf en 2008.

J'ai pris un petit sac de ces cérises précieuses et mes trois bouteilles et attendais devant le cassieur qui m'a dit, "Vous savez que ces cerises sont chères ?"

Bizarre comme salutation mais je n'ai pas fait attention au prix donc j'imaginais qu'elles coûteraient $8 ou $9 pour 750 g. C'est un prix normal pour ces cerises. Oui, c'est cher.

- Ça fait $60, a-t-il prononcé.
- Comment ?
- Soix-ante dollars.

J'ai fait un petit calcul rapide dans ma tête et j'étais loin de soixante.

Et les cerises, je lui ai demandé, combien sont-elles ?


- $25
- Quoi ?!

Le manager est arrivé tout à coup comme il attendait cette situation. Je lui ai demandé s'il y a une erreur car même si le marché se trouve dans un quartier riche, cela ne veut pas dire que M. le manager a le droit d'exploiter ses clients sans limites.

Une femme qui attendait derrière moi a tout entendu et elle a donné ses cerises à sa fille lui disant de les remettre. J'ai donné les miennes au manager.

-Vous pouvez manger vos cerises, Monsieur. Je me contenterai du vin.

samedi, avril 26, 2008

Vendredis du Vin 13

Encore en retard pour cette édition de Vendredis du Vin ! J'espère que Baraou, le président du mois, me pardonnera.

Le thème du mois, Treize à table ! J'y ai beau réfléchi avant de trouver un vin approprié. N'ayant aucune bouteille du millésime 1913, il me fallait un vin en quelque sorte lié au numéro 13.

Le 13 mai 2004, j'avais goûté mon premier vin de Bourgueil chez les parents d'un ami français. Ils habitent en pleine campagne près de Tours dans une belle longère du 18ème siècle. Ils y avaient créé un vrai paradis dans le jardin où les arbes majesteux résonnaient des bruissements des feuilles agitées par le vent et des chants des oiseaux. Sous le charme de ce propriété de laquelle je garde de bons souvenirs, il est difficile d'oublier mon premier bourgueil.

Alors, j'en ai trouvé une bouteille ici et son étiquette m'a rappelé de cette visite particulière à la région Touraine.

Domaine de la Chanteleuserie 2005 Bourgueil (Vielles Vignes) ($16)
Pour le deuxième rapport avec le numéro 13, ce vin a 13% alc/vol.

Une robe pourpre et opaque caractéristique d'un vin de 100% cabernet franc. Son parfum est un mélange de plomb, de daim et de violets. L'attaque est agréable et non pas agressive avec une légère acidité et des tannins nuancés. Impressionant pour un vin si abordable.

mercredi, avril 16, 2008

Mick, Keith et le vin de glace

Les Rolling Stones sont fort en marketing. Ils savent bien qu'il est impossible de gagner la vie en vendant les disques comme auparavant. Prendre l'avion privé pour aller en vacances sur une île privée des Caraïbes coûte cher.

Donc, il leur faut d'autres activités professionnelles, comme le vin de glace, par exemple. Oui, c'est à la viticulture canadienne qu'ils donnent leur sceau particulier. Qui peut résister à l'hiver interminable? Pas Mick et Keith. Pas Satan non plus. Leur vin qui est issu de pinot noir provenant de la Colombie-Britannique s'appelle Sympathy for the Devil. Il se vendra pour $125 la bouteille.

I'm not waiting on a lady.
I'm just waiting on a vin.






Merci à ma soeur pour l'info. Les Stones et le vin font partie de notre histoire.

vendredi, mars 28, 2008

Vendredis du Vin 12

Je suis un peu en retard avec ma note sur Vendredis du Vin édition numéro 12. Better late than never!

C'est Geneviève la 12eme présidente de VdV et du blog gare aux goûts qui a décidé que le grenache serait le cépage du mois. Ça marche bien avec mon programme de printemps - le vin et le hockey....car on peut toujours faire le VdV à l'arène pendant un match de hockey. Oui, Madame la présidente, ces deux activités sont tout à fait compatibles.

Domaine Bosquet des Papes 2004 - À la Gloire de Mon Grand-Père (Châteauneuf-du-Pape). En voyant cette étiquette, on pense forcément à nos grands-pères. Mon grand-père paternel ne buvait jamais de vin et est décédé à 93 ans. Un homme pour qui j'ai eu une affection toute particulière et qui me manque terriblement. Je n'ai jamais connu mon grand-père maternel à cause de sa disparition précoce bien avant le mariage de mes parents. Si je pouvais rencontrer une personne de mon choix vivante ou morte, ce serait lui.

Ce vin est issu de 100% grenache (selon mon caviste et si quelqu'un peut confirmer ce détail, je serais reconnaissante). Une robe brillante qui ressemble plutôt à celle d'un pinot noir. Le nez est épicé avec un mélange de cerise et de baie. Les tannins sont bien présents mais pas lourds et je l'ai trouvé plein de caractère. Une excellente expression du cépage grenache. Bref, un vin mémorable.

samedi, mars 15, 2008

Le vin et le hockey (3)

(J'ai assisté à ce match le 9 mars, commencé cette note le 15 mars et enfin j'ai un peu de temps pour le finir!)

Il y a les matchs de hockey et il y a des matchs auxquels les Canadiens de Montréal participent. Là, il s'agit d'une compétition de mon équipe préféré. L'un des premiers équipes de la ligue qui fait partie du patrimoine canadien, qui a produit de nombreuses étoiles, voire légendes. Notre tricolore, c'est le maillot des Canadiens. Tous les autres équipes, on les aiment avec la tête. Mais Montréal, on aime avec le coeur.

Quand on aime avec le coeur, on apporte du Domaine Marquis d'Angerville Volnay Caillerets 1er Cru (2005) au match. Un vin digne d'un tel amour. On l'a savouré avec le sommelier du restaurant au stade qui est aussi mon compatriote.

Même la jeune américaine a chanté O Canada correctement avant le match et avec une révérence peu présent aux matchs en californie. Comme elle s'est rendue compte de la grande tradition de cette franchise qui fêtera ses 100 ans l'année prochaine.

Même l'entraineur-chef de l'équipe portait un costume noir, une belle chemise et une cravate - le portrait d'un homme sportif et élégant ce Guy Carbonneau. 

Même nous avons étés accompagnés par deux hommes oenophiles et grands connaisseurs de hockey. On pouvait parler des années glorieuses où les Habitants canadiens ont remporté le Stanley Cup.

Même l'équipe d'Anaheim n'a pas osé commencer une seule bagarre, sachant que cela aurait été une tactique suicidaire.

La défaite de mon équipe bien-aimé n'a pas provoqué une crise chez moi.

C'est le Volnay qui m'a sauvée.


dimanche, mars 09, 2008

Le vin et le hockey (2)

Périodiquement, j'assiste aux matches de hockey en compagnie de mon caviste, qui est fana, et de ses clients. Lundi soir, on a été invité au match entre Anaheim et Ottawa et on a décidé de faire une petite dégustation de bordeaux à l'arène. Normalement, il est interdit d'apporter les bouteilles au stade mais on se donnait rendez-vous au restaurant qui est reservé aux membres du club possédant certains billets de saison. Ainsi, on pouvait tenter entrer avec le vin.

Bien sûr nous avons été arrêté par les gardes à la porte mais nous avons expliqué très poliment ce qu'on allait faire et ils ont bien compris la gravité de notre mission.

- D'accord, a dit le plus grand, mais vous ne pouvez pas porter les verres dehors le resto.

Avant le commencement du match, on a goûté quelques vins du millésime 2005:

Château Cos Labory(Saint Estèphe)
Château d'Armailhac (Pauillac)
Château Saint Pierre (Saint Julien)
Château Prieure-Lichine (Margaux)

On était six à la table et les autres voulaient apprendre davantage sur le vin français. Moi, j'avais envie d'essayer le Cos Labory et le Prieure-Lichine, que je n'avais jamais goûté et ils sont bons. En plus, je voulais confirmer mon appréciation de Saint Pierre car je n'avais pas encore essayé le 2005.

Le match a commencé et nous avions envie de le voir mais il nous restait du vin. Dilemme. Les verres sont interdits mais les verres en plastiques, c'est autre chose ! Si vous n'avez jamais bu du margaux en verre plastique, il n'est pas si mauvais. C'est mieux que boire de la bière, en tout cas.

Ottawa a perdu le match mais notre copain est devenu le coach après que son patron a été banni pour un comportement indigne d'un sportif. Après le match, aux vestiaires, nous l'a taquiné pour ses 15 minutes de gloire internationale.

jeudi, février 28, 2008

Vendredis du Vin 11

Après avoir raté les deux dernières éditions de Vendredis du Vin, je reprends le travail. Aujourd'hui, les vins ibériques sont sur le programme, et je remercie le président du mois, François Bruschet, d'avoir choisi ce thème car je voudrais élargir mes horizons oenologiques.

Il nous faut une invitée spéciale pour donner le ton. Je vous présente la seule et unique: Blabla de Nana.



2003 Valduero Crianza - Ribera del Duero ($21,95)

Ribera del Duero est située à 100 kilomètres au nord de Madrid où l'hiver est presque aussi dur qu'au Canada et l'été est aride comme dans le Mojave. Il y a une longue tradition de viticulture à Ribera datant du 13ème siècle. Le tempranillo est le cépage le plus important dans cette région mais on trouve aussi le cabernet sauvignon, le merlot, le malbec, le gamacha tinta et l'albillo.

Connaissant absolument rien sur le vin espagnol, je suis allée à pas de loup chez mon caviste, ne voulant aucun conseil, esperant de tomber par hasard sur une bouteille intéressante. J'ai découvert qu'il n'avait pas du tout prévu cette édition de VdV car sa selection des vins espagnols était, disons, modeste.

Puisque j'avais acheté du Gevrey-Chambertin la semaine dernière, le prix du 2003 Valduero Crianza m'a énormément attiré.

Ce vin est issu à 100% du cépage tempranillo. Sa robe rouge-violet est intense et en la voyant, j'attendais un vin fort comme un taureau. Le nez est un mélange agréable de vanille, de cassis et d'épices. L'attaque n'est pas surprenant, le vin est consistant et très tannique. Je l'ai laissé un peu et avec plus d'aération, il était mieux, et j'ai l'impression que ce vin s'améliore avec l'âge.

samedi, février 09, 2008

Girl Wonder

Après seulement deux verres de champagne, elle devient très agile ! Et vous ? Comment les bulles vous aident ?

Il était une fois, elles m'ont aidée.

Un dimanche après-midi en mai 2004, j'étais dans une brasserie à Paris en compagnie de deux copains français qui aimaient prolonger le brunch jusqu'au soir en buvant et en fumant des cigarettes comme ils ne seront plus là le lendemain. Malgré cette toxicomanie dominicale, ils étaient suffisament lucides de mener une conversation avec moi et avec d'autres clients habituels à quelques mètres de notre table.

Un couple américain s'est installé à côté de nous, lui - avocat, elle - ancienne belle-du-sud, un duo soixantenaire qui s'attachaient vite à mes amis autour des verres d'un spiritueux blanc. Il faut préciser que je ne buvais pas à ce moment là.

C'était la folie. On a bien rigolé ensemble. Cette journée reste un bon souvenir de Paris. On a beaucoup parlé de la ville et j'ai rempli un sondage que Delanoë avait envoyé aux domiciles parisiens. En tant qu'urbaniste, je me sentais plus compétente pour répondre aux questions de l'avenir de la ville que mon copain banquier.

L'américaine m'a demandé s'il y avait quelque chose que je n'avais pas encore fait à Paris et que j'aimerais faire.

- Conduire une voiture. Je n'ai jamais conduit ici.

- Parfait ! mon copain a crié jusqu'au continent bordier, car on va voir des amis dans le 16ème et j'ai trop bu pour conduire !

L'idée de conduire m'a tentée d'un côté mais j'avais un peu peur. Ce n'est pas logique puisque je conduisais depuis 20 ans mais on entend parler des chauffards parisiens, le manque de respect pour les voies, et cetera.

Il m'a fallu une forte dose de courage car je n'ai qu'un image dans la tête - la Place de l'Étoile - la capitale de la mort.

J'ai commandé une coupe de champagne que j'ai rapidement bu.

- Ok. Roulons coule.

Mon navigateur arrosé m'a donné les clés. Juste pour me déranger encore plus, il a mis la musique à tue tête et il a chanté. Bach. La passion selon Saint Mathieu. Je vous jure. En allemand. Sauf il ne parle pas allemand et c'est assez agaçant quand je conduis pour la première fois et la Place de la Concorde s'approche.

Je n'avais pas pensé à cette place qui est décidemment bien conçu pour la circulation dangereuse. Ayant une voiture grosse on a avancé sans problème.

Étant donné l'état de mon co-pilote, j'étais moins sûre de trouver le bon rayon à la Place de l'Étoile mais il l'a trouvé et le champagne a commencé d'avoir un bon effet.

- Ouiais ! Tu l'as fait ! Qu'est-ce que tu conduis bien !! a-t-il interrompu son choeur.

Une coupe de champagne devrait accompagner tous les rites de passage.

(photo: [OM] flickr)

lundi, janvier 28, 2008

Ce vigneron n'aime plus ses propres vins


Adam Tolmach est vigneron estimé à Santa Barbara en Californie qui produit le syrah, le pinot noir et le chardonnay. Comme la plupart des vignerons californiens, le style de ses vins étaient très opulent et très alcoolisés (plus de 15% alc/vol). Il a donné le ton dans cette région pendant longtemps voulant plaire à Robert Parker et à lui-même.

Le résultat - il avait arrêté de boire ses propres vins. Il a fait cette confession récemment dans un article de Los Angeles Times. En plus, il a dit que sa propre cave est rempli des vins équilibrés. Des vins français, pour être précise - des bourgognes de Nicolas Potel, Domaine Dujac et Domaine Leroy. Des rhônes de Alain Graillot et Chapoutier. Des Pessac-Leognan pour les bordeaux. Et quelques vins allemands. (Personne n'est parfait).

Il va reduire l'alcool dans ses vins en faisant les vendanges plus tôt. Son objectif - 14%. Perso, je préférais 13% or 13,5%. Mais, bon. Le fait qu'un homme comme Tolmach en parle est déjà un grand pas en avant pour la culture de la vinification en californie.