samedi, décembre 13, 2008

Arrêtons de parler de 1976 !

Après dix ans en californie où je n'ai jamais aimé son vin, c'était à contrecoeur que j'ai accepté d'aller passer un week-end à Napa. Pleine d'apprehension et craignant de perdre deux précieux jours libres buvant du vin médiocre, j'ai imposé des conditions - pas de dégustation le premier jour (les spas existent aussi !) et le droit de véto en ce qui concerne les vignobles. Pas très démocratique mais la démocratie est surfaite quand vos amis boivent n'importe quoi. (En fait, on était là pour fêter mon anniversaire donc le groupe avait déjà abdiquer en ma faveur... Je suis plus bienveillante que vous imaginez).

Ce qui est le plus remarquable à Napa, c'est combin ils tiennent à l'histoire du Jugement de Paris. Aux États-Unis, la moindre victoire suffit de leur convaincre qu'ils sont numéro 1...pour toujours. Il faut dire que les gens sont modestes à Château Montelena. C'était chez un autre vigneron, où les jeunes plus vantards travaillent qui ont essayé de me parler de la superiorité du vin californien, lorsque j'ai décidé de jouer un peu avec eux.

- Le jugement de Paris a eu lieu en 1976, n'est-ce pas ? je leur ai demandé.
- Oui.
- On est 2008, n'est-ce pas ? il fallait établir leur niveau de connaissance des dates.
- Oui.
- Alors, qu'est-ce que vous avez fait depuis 1976 pour nous impressioner ?

Silence.

- On va goûter le 1973 ? j'ai souri afin de les rassurer, Sinon, je ne vois pas pourquoi on continue de parler d'un époque où vous n'étiez même pas nés.

Ils ont éclaté de rire et m'ont offert le 2006 qui n'était pas mal du tout.

samedi, octobre 25, 2008

Un verre hors d'atteinte

Il y a trois semaines, je me suis trouvée à Dubai, dans le bar d'un hôtel en compagnie de deux collègues masculins à 01h00. Après 26 heures de voyage comprenant une escale à Londres, 14 heures de travail qui a commencé trois heures après mon arrivée aux Emirats, et si fatiguée que je n'étais plus fatiguée, je voulais bien un verre.

Mes collègues, arrivant au bar avant moi, buvaient déjà de la bière. Assise sur un canapé en velours, reconnaissante de la climatisation et l'ambiance sereine, je me sentais complètement dans mon élément. La serveuse est arrivée avec un menu et j'ai rapidement remarqué qu'il n'y pas une seule boisson alcoolisée sur la liste.

- Quel pays exotique ! le sarcasme sort un peu trop vite.
- Il faut juste demander un verrre, m'ont dit mes collègues. Ils servent de l'alcool mais il n'est pas sur le menu.

- Un kir royale, s'il vous plait.

La serveuse me regardait d'un air perplexe donc je lui ai expliqué comment transformer du champagne en kir royale. Elle écoutait et puis la gravité de ma demande a pénétré son cerveau, la lobe où se réside Allah.

- L'alcool ? a-t-elle répondu dans une voix douce et un peu anxieuse, ses yeux cherchaient une autre réponse. Je me demandais si son père était au courant de son choix de métier.

- Si vous en avez, oui.

Elle est partie et je l'ai vue parlant au barman, une jeune femme elle-même, et après une discussion qui a duré dix minutes, elle est revenue avec deux bières pour mes collègues et rien pour moi.

Est-ce que je me suis trompée de l'avion à Heathrow ? Je craignais un instant d'être à Riyadh. Non, j'aurais été déjà en prison.

Mon collègue arabe a compris que le délire allait bientôt m'arriver si j'étais privé de ce verre donc il a intervenu.

- EMIRA ! a-t-il hurlé à la serveuse.

Cette fois c'était moi qui a été choquée, ne sachant pas que Emira était bien son prénom, pensant qu'il l'avait appelé n'importe quel prénom féminin pour qu'elle réponde, et que son ton était trop dur. Mais en voyant mon regard horrifiée elle a attrapé le fou rire et lui aussi. Et moi après eux.

Il lui a parlé en arabe, elle est partie et est revenue quelques minutes plus tard avec mon kir royale parfaitement fait, en me jettant le mauvais oeil. Je vais brûler en enfer mais ce kir royale était le meilleur que j'ai jamais bu. Elles aurait dû ouvrir une bonne bouteille de la cave.

Le prix de ce petit plaisir - $40. Mais quand on sert le Diable, on ne compte pas.

samedi, septembre 27, 2008

Vendredis du Vin 18

On est samedi, même en californie, mais j'étais trop occupée hier avec le travail et les activités politiques (entre amis regardant le débat entre Obama et McCain, en buvant du vin mais il n'était pas le vin que j'étais censée être boire hier pour le 18ème édition de Vendredis du Vin !) Mes amis ont décidé de servir du chablis. Ne savent-ils pas que le chablis n'est pas exactement le vin idéal pour parler des affaires étrangères ? Depuis résout-on un désaccord international autour un vin de chablis ? J'adore le chablis mais il nous faut du pinot noir lorsque quand il s'agit de grandes questions géopolitques.

En plus, le président du mois du VdV - du blog À chacun sa bouteille, nous avait demandé de faire une dégustation sur le pinot noir. Ouvrir une bouteille de Pernand Vergelesses après avoir passé un été plutôt vin blanc me fait un plaisir immense - surtout celui-ci.

Domaine Rapet Père & Fils Pernand Premier Cru Ile des Vergelesses (2005)

Je ne peux décrire le nez que comme une longue promenade dans la forêt. Il est décidemment agréable d'inspirer cet arôme. En bouche ce vin est austère (prendre l'austerité dans le sens luxe) avec un sauveur subtil de framboise. Il est plutôt un vin de terroir et bien équilibré. Bref, divin.

Je le partagerai avec Obama :D




samedi, septembre 13, 2008

Il y a bien de l'eau sur Mars

Après une longue absense, pendant laquelle j'étais souvent en déplacement professionnelle à l'étranger, c'est bien d'avoir un peu de temps à consacrer à ce blog négligé. Y a-t-il des lecteurs qui restent ? :)

Quant à la planète Mars, n'est-elle pas belle ? En fait, c'est mon pays dans cette photo - quelque part au Canada. Il n'y rien plus agréable que nager dans ce lac impeccable, explorer ces îles, se reposer au soleil et profiter de la douce tranquilité d'un après-midi en bâteau .

Non, je ne dévoilerai jamais où se trouve cet bel endroit peu fréquenté. (Mais si quelqu'un parmi vous est prêt à négocier, avec une caisse de Château Margaux, par exemple, on peut en discuter).

Il y a bien du vin au Canada et j'ai eu l'occasion d'enfin goûter un vin d'un vignoble à Niagara dont beaucoup d'amateurs canadiens parlaient depuis l'année dernière - Le Clos Jordanne. Le 2005 "Claystone Terrace" Niagara Peninsula VQA, un chardonnay, pour être plus précise.

La robe est jaune à reflets d'orés. L'intensité de la couleur est surprenante - je n'attendais pas cette maturité d'un vin produit dans un pays où il fait froid 9 mois sur 12. Le nez est aussi intense, herbacé et citronné. L'attaque est puissante et minérale. Le goût est particulier, le citron est bien présent, et le noix et une belle acidité. Un vin intéressant que j'ai trouvé un peu fort mais il est encore jeune. En tout cas, il a beaucoup plus de personalité que les chardonnays californiens insipides.

Et vous ? Avez-vous découvert du nouveau vin cet été ?

dimanche, juillet 20, 2008

Fêter le 14 juillet aux États-Unis

Chez mon caviste, la fête nationale française est traditionnellement plus importante que celle des États-Unis. Probablement parce qu'il serait un sacrilège impardonable de fêter l'indépendence américaine en organisant une dégustation de vin français - même si les française ont joué un tres grand rôle dans cette histoire de libération.

Son enthousiasme pour le 14 juillet était particulièrement prononcé cette année car il a décidé de n'ouvrir que des magnums. Un vin en magnum, je n'ai jamais goûté et je voulais savoir s'il pouvait donner les mêmes sensations que les vins en bouteilles de 750 ml. Pourquoi avoir l'impression qu'un vin dans une grosse bouteille seraient si différente ? Ou mauvais ? Ce n'est pas une pensée logique surtout pour quelqu'un qui n'en a jamais essayé.

Il a fallu demander au caviste qui m'a dit que les vins en magnum vieillissent plus lentement, donc souvent mieux que ceux en format 750 ml.

Si c'est le cas, pourquoi pas n'utiliser que les magnums ? (Je n'étais pas prête à accepter son explication).

Pour faire un vrai comparison il vaudrait mieux de goûter le même vin en ces deux formats. Ce n'était pas l'objectif de la dégustation donc si quelqu'un a un avis sur le sujet, j'aimerais l'entendre.

La liste du 14 juillet 2008:

1. Gaston Chiquet 1998 Blanc de Blancs Brut
2. 2000 Domaine Bitouzet-Prieur Les Perrières Meursault 1er Cru
3. 2005 Domaine Arlaud Milandes Morey-St. Denis 1er Cru
4. 1999 Domaine Marius Delarche Le Corton Grand Cru
5. 2002 Domaine Gros Frère et Soeur Grands-Echezeaux
6. 2004 Domaine de la Mordorée La Reine des Bois (rouge) Lirac
7. 2004 Domaine de Monpertuis Cuvée Tradition (rouge) Châteauneuf-du-Pape
8. 1999 Domaine Levet La Chavaroche Côte Rôtie
9. 2003 Château Duhart-Milon 4eme Grand Cru Classé Pauillac
10. 2005 Château Léoville Poyferré 2eme Grand Cru Classé Saint Julien
11. 1998 Château Haut Brion 1er Grand Cru Classé Pessac-Leognan
12. 1988 Château Raymond-Lafon (Sauternes)

Pas mal comme initiation aux magnums. Le seule problème (et c'est bien d'avoir ce genre de problème), c'est qu'on a du mal à finir douze magnums si on n'est pas très nombreux à la dégustation. Il n'y avait qu'une solution...continuer la soirée au resto :)

dimanche, mai 25, 2008

Boire du vin ou manger des cerises ?

Le week-end dernier, en retard pour un barbecue et n'ayant pas le temps d'aller chez le caviste acheter du vin, j'ai fait un petit stop au marché qui était sur le route. Il faisait chaud donc les rosés me tentaient le plus et j'ai trouvé trois bouteilles (une de chinon, une de bordeaux et une de provence).

Puisque des amis étaient venus de France pour quelques jours et qu'ils allaient manger avec nous, je voulais leur faire goûter un produit local en saison. Un éclat de couleurs rouge et jaune m'a attiré en entrant le marché. Les cerises Rainier provenant de l'état de Washington. À chair blanche, ces cerises sont sucrées et délicates et elles coûtent plus chères que les autres variétés. Mais quand on aime, on ne compte pas, n'est-ce pas ?

Sauf en 2008.

J'ai pris un petit sac de ces cérises précieuses et mes trois bouteilles et attendais devant le cassieur qui m'a dit, "Vous savez que ces cerises sont chères ?"

Bizarre comme salutation mais je n'ai pas fait attention au prix donc j'imaginais qu'elles coûteraient $8 ou $9 pour 750 g. C'est un prix normal pour ces cerises. Oui, c'est cher.

- Ça fait $60, a-t-il prononcé.
- Comment ?
- Soix-ante dollars.

J'ai fait un petit calcul rapide dans ma tête et j'étais loin de soixante.

Et les cerises, je lui ai demandé, combien sont-elles ?


- $25
- Quoi ?!

Le manager est arrivé tout à coup comme il attendait cette situation. Je lui ai demandé s'il y a une erreur car même si le marché se trouve dans un quartier riche, cela ne veut pas dire que M. le manager a le droit d'exploiter ses clients sans limites.

Une femme qui attendait derrière moi a tout entendu et elle a donné ses cerises à sa fille lui disant de les remettre. J'ai donné les miennes au manager.

-Vous pouvez manger vos cerises, Monsieur. Je me contenterai du vin.

samedi, avril 26, 2008

Vendredis du Vin 13

Encore en retard pour cette édition de Vendredis du Vin ! J'espère que Baraou, le président du mois, me pardonnera.

Le thème du mois, Treize à table ! J'y ai beau réfléchi avant de trouver un vin approprié. N'ayant aucune bouteille du millésime 1913, il me fallait un vin en quelque sorte lié au numéro 13.

Le 13 mai 2004, j'avais goûté mon premier vin de Bourgueil chez les parents d'un ami français. Ils habitent en pleine campagne près de Tours dans une belle longère du 18ème siècle. Ils y avaient créé un vrai paradis dans le jardin où les arbes majesteux résonnaient des bruissements des feuilles agitées par le vent et des chants des oiseaux. Sous le charme de ce propriété de laquelle je garde de bons souvenirs, il est difficile d'oublier mon premier bourgueil.

Alors, j'en ai trouvé une bouteille ici et son étiquette m'a rappelé de cette visite particulière à la région Touraine.

Domaine de la Chanteleuserie 2005 Bourgueil (Vielles Vignes) ($16)
Pour le deuxième rapport avec le numéro 13, ce vin a 13% alc/vol.

Une robe pourpre et opaque caractéristique d'un vin de 100% cabernet franc. Son parfum est un mélange de plomb, de daim et de violets. L'attaque est agréable et non pas agressive avec une légère acidité et des tannins nuancés. Impressionant pour un vin si abordable.

mercredi, avril 16, 2008

Mick, Keith et le vin de glace

Les Rolling Stones sont fort en marketing. Ils savent bien qu'il est impossible de gagner la vie en vendant les disques comme auparavant. Prendre l'avion privé pour aller en vacances sur une île privée des Caraïbes coûte cher.

Donc, il leur faut d'autres activités professionnelles, comme le vin de glace, par exemple. Oui, c'est à la viticulture canadienne qu'ils donnent leur sceau particulier. Qui peut résister à l'hiver interminable? Pas Mick et Keith. Pas Satan non plus. Leur vin qui est issu de pinot noir provenant de la Colombie-Britannique s'appelle Sympathy for the Devil. Il se vendra pour $125 la bouteille.

I'm not waiting on a lady.
I'm just waiting on a vin.






Merci à ma soeur pour l'info. Les Stones et le vin font partie de notre histoire.

vendredi, mars 28, 2008

Vendredis du Vin 12

Je suis un peu en retard avec ma note sur Vendredis du Vin édition numéro 12. Better late than never!

C'est Geneviève la 12eme présidente de VdV et du blog gare aux goûts qui a décidé que le grenache serait le cépage du mois. Ça marche bien avec mon programme de printemps - le vin et le hockey....car on peut toujours faire le VdV à l'arène pendant un match de hockey. Oui, Madame la présidente, ces deux activités sont tout à fait compatibles.

Domaine Bosquet des Papes 2004 - À la Gloire de Mon Grand-Père (Châteauneuf-du-Pape). En voyant cette étiquette, on pense forcément à nos grands-pères. Mon grand-père paternel ne buvait jamais de vin et est décédé à 93 ans. Un homme pour qui j'ai eu une affection toute particulière et qui me manque terriblement. Je n'ai jamais connu mon grand-père maternel à cause de sa disparition précoce bien avant le mariage de mes parents. Si je pouvais rencontrer une personne de mon choix vivante ou morte, ce serait lui.

Ce vin est issu de 100% grenache (selon mon caviste et si quelqu'un peut confirmer ce détail, je serais reconnaissante). Une robe brillante qui ressemble plutôt à celle d'un pinot noir. Le nez est épicé avec un mélange de cerise et de baie. Les tannins sont bien présents mais pas lourds et je l'ai trouvé plein de caractère. Une excellente expression du cépage grenache. Bref, un vin mémorable.

samedi, mars 15, 2008

Le vin et le hockey (3)

(J'ai assisté à ce match le 9 mars, commencé cette note le 15 mars et enfin j'ai un peu de temps pour le finir!)

Il y a les matchs de hockey et il y a des matchs auxquels les Canadiens de Montréal participent. Là, il s'agit d'une compétition de mon équipe préféré. L'un des premiers équipes de la ligue qui fait partie du patrimoine canadien, qui a produit de nombreuses étoiles, voire légendes. Notre tricolore, c'est le maillot des Canadiens. Tous les autres équipes, on les aiment avec la tête. Mais Montréal, on aime avec le coeur.

Quand on aime avec le coeur, on apporte du Domaine Marquis d'Angerville Volnay Caillerets 1er Cru (2005) au match. Un vin digne d'un tel amour. On l'a savouré avec le sommelier du restaurant au stade qui est aussi mon compatriote.

Même la jeune américaine a chanté O Canada correctement avant le match et avec une révérence peu présent aux matchs en californie. Comme elle s'est rendue compte de la grande tradition de cette franchise qui fêtera ses 100 ans l'année prochaine.

Même l'entraineur-chef de l'équipe portait un costume noir, une belle chemise et une cravate - le portrait d'un homme sportif et élégant ce Guy Carbonneau. 

Même nous avons étés accompagnés par deux hommes oenophiles et grands connaisseurs de hockey. On pouvait parler des années glorieuses où les Habitants canadiens ont remporté le Stanley Cup.

Même l'équipe d'Anaheim n'a pas osé commencer une seule bagarre, sachant que cela aurait été une tactique suicidaire.

La défaite de mon équipe bien-aimé n'a pas provoqué une crise chez moi.

C'est le Volnay qui m'a sauvée.